Drame de Crans-Montana : Polémique autour des images de vidéosurveillance effacées

Drame de Crans-Montana : Polémique autour des images de vidéosurveillance effacées

L'enquête sur la tragédie de Crans-Montana, où l'incendie du bar Le Constellation a coûté la vie à 40 personnes, fait face à une perte majeure d'éléments de preuve. Il apparaît que les enregistrements de vidéosurveillance de la journée et de la soirée du 31 décembre, précédant le sinistre, n'existent plus.

Un délai de conservation dépassé

La commune de Crans-Montana dispose d'un vaste réseau de caméras, dont certaines couvraient le périmètre du drame. Cependant, pour des raisons de protection de la vie privée, ces images sont automatiquement écrasées après un délai de sept jours si aucune demande de sauvegarde spécifique n'est effectuée. Dans ce cas précis, seules les images capturées le 1er janvier entre minuit et 6h00 du matin ont été sécurisées.

Des requêtes trop tardives ou imprécises

La perte de ces données semble résulter d'un manque de coordination dans les demandes formulées par la justice :

  • Le 1er janvier : Le Ministère public demande à la police cantonale de sauvegarder les vidéos, mais sans préciser de créneaux horaires exacts.
  • Le 6 janvier : Le Parquet demande spécifiquement à la police municipale les images comprises entre 00h30 et 02h00 du matin.
  • Le 15 janvier : Une nouvelle demande est faite pour obtenir les images allant de 23h00 à 03h00. Trop tard : le délai de sept jours étant écoulé, les données antérieures à minuit le 1er janvier avaient déjà été supprimées.

Des preuves cruciales disparues

Cette suppression prive l'enquête d'indices potentiellement déterminants. Les images du 31 décembre auraient pu fournir des informations sur :

  • L'arrivée et le comportement des prévenus (le couple Moretti) avant le drame.
  • L'affluence dans le bar en début de soirée.
  • L'état de la porte de service au rez-de-chaussée, une issue derrière laquelle trois victimes, dont la barmaid Cyane, ont trouvé la mort.

La police municipale se défend

Interrogé sur ce dysfonctionnement, le commandant de la police municipale de Crans-Montana a rappelé que le règlement impose l'écrasement des données sauf ordre contraire explicite d'une autorité. La responsabilité de cette perte est renvoyée entre la police cantonale et le Ministère public, qui n'a pas souhaité commenter l'affaire.

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